Nous avons rendu visite à Laurence Sourisseau, de l’Etablisienne (Dans le 12ème à Paris), le 26 janvier 2015. L’Etablisienne est un makerspace unique, l’un des plus anciens de Paris. Il a surtout trouvé des moyens originaux de fonctionner, un cocktail de ressources qui nous a beaucoup inspiré. Petit tour d’horizon !

L’Etablisienne a des airs de caverne d’Ali Baba: l’espace et l’air sont saturés d’histoire et d’objets. L’endroit n’est cependant pas un musée, loin de là: les plans de travail, machines en tout genre donnent l’impression qu’ici tradition et modernité se sont trouvées réunies pour donner son sens au mot « transmission ». 

FabbikeEtablisienne

Le makerspace en quelques mots

L’Etablisienne est un lieu où l’on peut rénover, fabriquer, réparer et personnaliser des meubles et des objets du quotidien. 

Concrètement, cela veut dire que vous pouvez louer un espace de travail (pour le bois par exemple, comme au sous sol) et prendre des cours pour apprendre à utiliser les machines.

Les matériaux que l’on travaille à l’Etablisienne sont nombreux: bois, fibres naturelles, lièges, carton, verre ou métal… auquel on peut ajouter des filament d’impression 3D, puisque le makerspace possède bien sûr une imprimante 3D.

L’Etablisienne permet enfin le dépôt-vente d’objets. Ces anciennes chaises, bibelots antiques, objets hérités du passé perchés un peu partout…C’est ce qui donne une âme unique à l’endroit

Infos & contacts

88 Boulevard de Picpus, Paris 12ème.
M° Nation, lignes 1, 2, 6, 9 ou RER A
M° Picpus, ligne 6

Ouvert 7/7 de 10h à 19h. Attention on nous souffle dans l’oreillette que le créneau 14h – 17h est très demandé !

En dehors des habitués du lieu, la fréquentation est relativement saisonnière (pics en septembre et janvier)

Site: http://www.letablisienne.com

Makerspace, fablab, hacklab, ilab, living lab ?

L’Etablisienne est un makerspace, un « établis », même si comme nous le confie Laurence, le langage est ici en retard sur les usages.

Un peu d’histoire…

Laurence Sourisseau est designeur de formation. En 2009, elle cherche à apprendre à travailler le bois et découvre surprise que la panoplie des formations qu’elle peut suivre à Paris est bien maigre.

Elle découvre alors le 88 boulevard Picpus: un ancien bâtiment de plombiers couvreurs avec une âme unique, un lieu imprégné par l’histoire des trois générations qui s’y sont succédées. 

Son rêve? Parvenir à marier « tradition et innovation » 

Un peu d’histoire: c’est aussi un des objectifs de Laurence; parvenir à réinsérer le travail manuel dans nos vies, à reprendre le fil d’une tradition qui s’est perdue ces 50 dernières années. « On ne sait plus rien faire de nos mains », nous avons perdu une autonomie. Qu’à cela ne tienne, ré-approprions nous les objets qui nous entourent !

Ce que l’on fait à l’Etablisienne

A l’Etablisienne on trouve entre autres:

  • Des machines technologiques: imprimante 3D, découpe laser par exemple
  • Des plans de travail pour la fabrication, le hacking, le bricolage de matériaux
  • Un salon et une bibliothèque
  • Le Makerspace est en train de s’équiper d’une nouvelle pièce: une salle « informatique » , espace de coworking, à l’étage

A l’Etablisienne on tient environ au max à 15 au sous sol (bois) et à une dizaine au RdC.

Un makerspace durable

  • L’Etablisienne a obtenu un financement de la ville de Paris pour s’agrandir. Comme nous commençons à le voir, ce genre d’aides des collectivités est aujourd’hui absolument essentiel pour accompagner les makerspaces. La candidature à l’aide publique s’est faite sous la forme d’un appel à projet. Le makerspace va s’agrandir et probablement recruter ! 

 

  • Laurence a étudié en profondeur la question de la gestion des déchets du Fablab. Elle nous a mis en contact avec une étudiante qui a travaillé et rédigé un mémoire sur cette problématique. Elle nous confirme que la question de la gestion des déchets est bien prégnante à l’Etablisienne: que faire de tous les copeaux de bois? de ce que l’on jette sans pouvoir recycler dans cette petite usine citadine ? Le makerspace a beau être à taille humaine, il n’en pollue pas moins pour autant.

 

  • Où construire un makerspace? La question est loin d’être anodine: implanter un makerspace dans une grande ville comme Paris, avec ses machines, ses visiteurs, ses outils est un réel défi. On ne construit pas une mini-usine n’importe où ! Selon Laurence, un grand challenge des autorités et des pouvoirs publics est aujourd’hui de parvenir à aider ceux qui veulent lancer un makerspace à trouver un endroit propice où installer ce dernier. Gare aux problèmes de voisinage sinon !

 

  • Les sources de financement de l’Etablisienne: les visites, les cours mais aussi la location de l’espace (revenu non négligeable! ) pour des séminaires, voire des films.